Plateforme nationale pour expulser les locataires

← Tous les guides

résilier un bail verbal

Résilier un bail verbal : le régime et la procédure pour le propriétaire

Bail verbal : validité, preuve par tout moyen, durée réputée, congé du bailleur, préavis du locataire, reconduction tacite. Le régime complet pour résilier dans les règles.

Mis à jour le 04 octobre 2026Lecture : 9 minGuide propriétaire bailleur

Loueur sans bail écrit, c’est une situation très répandue : un logement confié à un proche, à un parent, ou une location démarrée dans la confiance avec un simple virement mensuel. Beaucoup de propriétaires croient qu’en l’absence d’écrit, ils peuvent reprendre leur bien quand ils le veulent. C’est faux, et cette croyance conduit à des situations très délicates.

Le bail verbal est parfaitement valable en droit français. Il se prouve par tout moyen dès lors que le contrat a commencé à être exécuté, et il produit les mêmes effets qu’un bail écrit : mêmes durées minimales, mêmes formes de congé, mêmes protections du locataire.

Ce guide rappelle le régime du bail verbal, explique comment son échéance se calcule sans écrit, puis détaille la procédure de résiliation pour le bailleur comme pour le locataire, et ce qui se passe quand l’occupant refuse de partir.

À retenir

  • Le bail verbal est valable et se prouve par tout moyen dès le début d’exécution : loyers payés, occupation, échanges.
  • Il est réputé conclu pour la durée minimale légale : trois ans pour un logement vide loué par une personne physique, six ans si le bailleur est une personne morale, un an pour un meublé.
  • L’absence d’écrit ne dispense d’aucune forme : le congé du bailleur exige un motif légal et un délai de six mois (logement vide) avant l’échéance.
  • Sans congé régulier, le bail se reconduit tacitement pour une nouvelle période : reprendre les lieux sans procédure expose à un refus et à des mois perdus.
  • Depuis la loi du 9 avril 2024, refuser d’établir un bail écrit expose à un an d’emprisonnement et 20 000 € d’amende : autant régulariser par écrit.

Le régime du bail verbal : valable, prouvé, encadré

Le code civil prévoit que les baux peuvent être faits verbalement. Rien n’impose un écrit pour que la location existe : dès lors qu’un logement est remis à un occupant contre le paiement d’un loyer, il y a bail, écrit ou non. Une fois le contrat commencé à être exécuté, il se prouve par tout moyen : virements mensuels réguliers, remise des clés, échanges de messages, quittances informelles, attestations.

En matière de logement, ce bail verbal relève de la loi du 6 juillet 1989, exactement comme un bail écrit. La cour de cassation l’a confirmé de manière nette : un bail verbal portant sur un local à usage d’habitation est réputé conclu pour la durée minimale prévue par la loi, c’est-à-dire trois ans lorsque le bailleur est une personne physique et six ans lorsqu’il s’agit d’une personne morale. Pour un logement meublé, la durée minimale est d’un an.

Conséquence pratique immédiate : l’absence de contrat écrit ne raccourcit rien. Le locataire dispose de la même stabilité que s’il avait signé un bail de trois ans, et le bailleur est tenu par les mêmes règles de fond et de forme.

  • Validité : la location verbale est prévue par le code civil, aucun écrit n’est exigé.
  • Preuve : par tout moyen dès le commencement d’exécution — loyers, clés, messages, quittances.
  • Durée réputée : durée minimale légale (3 ans vide personne physique, 6 ans personne morale, 1 an meublé).
  • Statut : la loi du 6 juillet 1989 s’applique intégralement, écrit ou non.

Sans écrit, comment fixer l’échéance du bail ?

La résiliation d’un bail d’habitation s’apprécie à son échéance : c’est à cette date que le congé doit avoir été notifié, dans les délais légaux. Sans écrit, l’échéance ne disparaît pas — elle se déduit. La date de prise d’effet du bail se prouve par les premiers paiements de loyer, la remise des clés ou tout autre élément daté.

Une fois la date d’entrée établie, le bail verbal suit le même rythme qu’un bail écrit : il court pour la durée minimale légale, puis se reconduit tacitement par périodes de la même durée. Un locataire entré en mars 2024 sans bail écrit dans un logement vide loué par une personne physique a donc un bail réputé jusqu’en mars 2027, renouvelable par périodes triennales.

Cette reconstitution est source de contestations : le locataire peut soutenir une date d’entrée différente, le bailleur peut avoir perdu la trace des premiers versements. La première précaution consiste donc à rassembler dès maintenant les éléments qui datent le début de l’occupation, avant même d’envisager la résiliation.

  • L’échéance se déduit de la date d’entrée dans les lieux, prouvée par tout moyen.
  • Reconduction tacite par périodes de la durée minimale légale.
  • Rassembler les preuves de la date d’entrée : virements, messages, attestations, remise des clés.
  • En cas de doute sur la date, le juge tranche sur pièces et indices.

Résilier à l’initiative du bailleur : le congé

Le bailleur ne peut mettre fin au bail qu’en donnant congé, dans les formes de la loi du 6 juillet 1989, que le bail soit écrit ou verbal. Le congé doit être notifié à l’échéance du bail, avec un délai de préavis de six mois au moins pour un logement vide et trois mois pour un logement meublé.

Le congé doit indiquer un motif obligatoire : la reprise pour y loger le bailleur ou un proche, la vente du logement, ou un motif légitime et sérieux — par exemple des manquements répétés du locataire, dont les retards de paiement. Aucun motif, pas de congé valable. La notification se fait par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice, ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement.

Un congé irrégulier est annulable : le bail continue, et l’échéance suivante peut être lointaine. Un congé donné dans l’intention de contourner les protections de la loi expose en outre le bailleur à une amende pouvant atteindre 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale, le locataire pouvant demander la poursuite du bail et des dommages et intérêts.

  • Délai : six mois avant l’échéance (logement vide), trois mois (meublé).
  • Motif obligatoire : vente, reprise, ou motif légitime et sérieux.
  • Forme : LRAR, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre émargement.
  • Congé irrégulier ou frauduleux : nullité, amende jusqu’à 6 000 € ou 30 000 €, dommages et intérêts.

Résilier à l’initiative du locataire : le préavis

Le locataire, lui, peut partir à tout moment. Il donne congé avec un préavis de trois mois pour un logement vide, réduit à un mois dans les cas prévus par la loi : mutation, perte d’emploi, nouvel emploi consécutif à une perte, bénéficiaires du RSA ou de l’aide personnalisée au logement, attributions d’un logement social, violences conjugales, ou logement situé en zone tendue. Pour un meublé, le préavis est d’un mois.

Le préavis se notifie par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre. Il court à compter de la réception, et le bail prend fin à la fin du préavis, quelle que soit l’échéance du bail.

Pour le bailleur, l’enseignement est simple : le caractère verbal du bail ne protège pas contre un départ du locataire, ni ne permet de réclamer les loyers au-delà du préavis régulièrement donné. C’est le contraire qui pose problème : sans congé régulier du bailleur, le locataire qui reste a droit au maintien dans les lieux.

  • Le locataire peut résilier à tout moment : trois mois (vide), un mois (meublé ou cas de réduction).
  • Forme identique : LRAR, acte de commissaire de justice ou remise en main propre.
  • Aucune justification à fournir, sauf préavis réduit sur motif légal.
  • Le départ ne libère le locataire qu’à la fin du préavis.

Sans congé régulier : la reconduction tacite, et le refus de partir

Tant qu’aucun congé régulier n’a été notifié, le bail verbal se poursuit par reconduction tacite. Le propriétaire qui reprend unilatéralement les clés, change la serrure ou fait subir des pressions pour pousser l’occupant au départ commet une infraction : ces voies de fait sont pénalement sanctionnées, et elles fragilisent définitivement la position du bailleur.

Après un congé régulier arrivé à son terme, la situation change de nature : l’occupant qui reste devient un occupant sans droit ni titre. Sauf à avoir été autorisé par décision de justice, le bailleur ne peut pas l’expulser lui-même, mais il peut saisir le juge pour faire constater la fin du bail et obtenir l’expulsion, avec une indemnité d’occupation pour la période écoulée.

La règle d’or tient donc en une phrase : le bail verbal ne se résilie pas par la force ni par le silence, mais par un congé régulier à la bonne échéance.

La vraie bonne idée : régulariser le bail par écrit

Depuis la loi du 9 avril 2024, refuser au locataire la fourniture d’un contrat de location écrit ou la délivrance de quittances est puni d’un an d’emprisonnement et de 20 000 € d’amende, portée à 100 000 € pour une personne morale. Le bail verbal n’est pas interdit, mais refuser l’écrit est désormais sévèrement sanctionné.

Régulariser est simple et sans inconvénient pour le bailleur : un contrat écrit aligné sur la loi du 6 juillet 1989, reprenant la date d’entrée effective, le loyer en vigueur et les clauses habituelles, met fin à toutes les incertitudes — durée, échéance, preuve — et ne retire aucun droit au locataire qui n’y aurait pas déjà droit.

C’est aussi la meilleure protection pour la revente, l’assurance loyers impayés, la succession du bien et, le cas échéant, une future procédure : un dossier écrit, daté et cohérent fait gagner des mois.

  • Refuser l’écrit ou les quittances : un an d’emprisonnement et 20 000 € d’amende (loi du 9 avril 2024).
  • Un nouveau bail écrit reprenant la date d’entrée réelle ne modifie aucun droit acquis.
  • L’écrit sécurise loyer, échéance, charges, garantie et future revente.

Passer à l’action

Faites relire votre dossier par le cabinet

Déposez vos pièces et votre situation : le cabinet vous répond et structure la suite de la procédure, de la relance à l’exécution du jugement.

Dépôt en ligne

Réponse le jour même

Déposer vos pièces

FAQ

Questions fréquentes

Un bail sans écrit est-il valable ?

Oui. Le bail verbal est valable et se prouve par tout moyen dès le début d’exécution : loyers versés, remise des clés, échanges. Il relève de la loi du 6 juillet 1989, comme un bail écrit.

Puis-je reprendre mon logement à tout moment parce qu’il n’y a pas de bail écrit ?

Non. Le bail verbal est réputé conclu pour la durée minimale légale — trois ans pour un logement vide loué par une personne physique. La reprise passe par un congé régulier, avec motif et délai de six mois avant l’échéance.

Comment prouver la date d’entrée du locataire sans contrat ?

Par tout moyen : premiers virements de loyer, remise des clés, échanges écrits, attestations, changements d’adresse déclarés. C’est cette date qui détermine l’échéance du bail et donc le moment où le congé doit être notifié.

Que risque un bailleur qui refuse d’établir un bail écrit ?

Depuis la loi du 9 avril 2024, refuser la fourniture d’un contrat de location écrit ou de quittances est puni d’un an d’emprisonnement et de 20 000 € d’amende, portée à 100 000 € pour une personne morale.