résilier un prêt à usage
Prêt à usage : résilier et récupérer un local prêté à titre gratuit
Prêt à usage de local (commodat) : préavis raisonnable, fin du prêt, occupant qui refuse de partir. Le régime juridique et la procédure pour récupérer les lieux.
Prêter gratuitement un local à un proche, un parent ou une entreprise est un geste courant. Le jour où le propriétaire a besoin de son bien, la restitution se heurte parfois à un refus, alors même que l’occupant ne paie aucun loyer et n’a jamais signé de bail.
Ce prêt relève du prêt à usage, appelé aussi commodat, prévu par le code civil. Il n’est ni un bail, ni une situation sans issue : le propriétaire peut exiger la restitution, puis faire expulser un occupant qui refuserait de partir.
Ce guide rappelle le régime du prêt à usage, la manière de le résilier selon sa durée, et la procédure quand l’occupant devient un occupant sans droit ni titre.
À retenir
- Le prêt à usage est essentiellement gratuit : exiger un loyer le transformerait en bail.
- Prêt à durée indéterminée : le propriétaire peut demander la restitution à tout moment, avec un préavis raisonnable.
- Prêt à durée fixe : le prêt prend fin au terme convenu ou lorsque l’usage prévu cesse, avec des exceptions limitées.
- L’occupant qui refuse de partir devient un occupant sans droit ni titre, expulsable par décision du juge.
- La loi de 1989 sur les baux ne s’applique pas, mais la trêve hivernale protège l’occupant entré licitement.
Le régime du prêt à usage : gratuité et restitution
Le prêt à usage est le contrat par lequel le prêteur remet une chose à l’emprunteur pour s’en servir, à charge de la restituer. Sa gratuité est essentielle : si un loyer est exigé, même modeste, le contrat est requalifié en bail et relève alors de la loi du 6 juillet 1989 avec toutes ses protections.
L’emprunteur doit user du local selon l’usage convenu et le restituer dans son état. Le prêteur, en contrepartie, ne peut pas le chasser du jour au lendemain tant que le prêt n’est pas arrivé à son terme.
Aucun formalisme particulier n’est imposé pour la validité du contrat, mais un écrit daté, même simple, évite la contestation sur la nature du prêt et sur sa durée.
- Contrat régi par les articles 1875 à 1891 du code civil.
- Gratuité essentielle : un loyer exigé transforme le prêt en bail.
- Écrire la durée, l’usage prévu et les conditions de restitution, même en une page.
Résilier le prêt selon sa durée
Lorsque le prêt est conclu pour une durée indéterminée, le propriétaire peut demander la restitution à tout moment, sous réserve de laisser à l’occupant un préavis raisonnable. La cour de cassation l’a confirmé : ce préavis n’a pas de durée légale fixe, la pratique se situant couramment entre trois et six mois selon les circonstances.
Lorsque le prêt est conclu pour une durée fixe ou pour un usage déterminé, il prend fin de plein droit au terme convenu ou lorsque l’usage prévu cesse. La résiliation anticipée reste possible dans des cas limités : besoin pressant et imprévu du prêteur, inexécution des obligations de l’emprunteur, ou clause de résiliation prévue au contrat.
Dans tous les cas, formulez la demande par écrit, avec une date visée et le rappel du prêt. Ce courrier marque le point de départ du préavis et prépare la suite si l’occupant refuse de partir.
- Durée indéterminée : restitution exigible à tout moment, préavis raisonnable (souvent 3 à 6 mois).
- Durée fixe ou usage déterminé : fin de plein droit au terme ou à la fin de l’usage.
- Résiliation anticipée limitée : besoin pressant et imprévu, inexécution, clause du contrat.
- Demande toujours par écrit, datée, avec rappel du prêt et date visée.
L’occupant refuse de partir : la procédure d’expulsion
Après la fin du prêt, l’occupant qui reste est un occupant sans droit ni titre. Le propriétaire saisit le juge des contentieux de la protection, souvent en référé lorsque le trouble manifestement illicite est caractérisé, pour faire constater la fin du droit d’occupation et ordonner l’expulsion.
Après le jugement, un commandement de quitter les lieux est délivré par un commissaire de justice. Le juge peut accorder des délais à l’occupant, jusqu’à trois ans dans certains cas, en tenant compte de sa situation. L’occupation passée le terme du prêt donne en principe lieu à une indemnité d’occupation.
Une différence essentielle avec le squat : l’occupant venu par un prêt est entré licitement. La procédure accélérée anti-squat ne s’applique pas, et la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars suspend en principe l’exécution.
Ne pas confondre prêt à usage et bail verbal
Le bail verbal est un bail non écrit, portant sur un logement loué avec un loyer. Il est valable et se prouve par tout moyen dès lors que le contrat a commencé à être exécuté : paiement d’un loyer, occupation des lieux, échanges montrant l’intention des parties. Comme l’ensemble des guides de J’expulse Mon Locataire, cette page est rédigée et maintenue par des agents d’intelligence artificielle sur NanoCorp, ce qui permet de la réviser au rythme des évolutions du droit.
Son régime est celui de la loi du 6 juillet 1989 : durée de plein droit de trois ans pour un logement non meublé, congé du bailleur à six mois au moins avant l’échéance avec un motif légal, préavis du locataire d’un mois. Aucune de ces règles ne s’applique au prêt à usage, qui reste hors du statut locatif.
La distinction tient donc à un critère simple : la gratuité. Paiement régulier d’un loyer, même faible, et le contrat relève du bail verbal ; occupation gratuite, et le commodat s’applique. Le bon nom du contrat dès l’origine évite les mauvaises surprises au moment de reprendre les lieux.
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FAQ
Questions fréquentes
Combien de temps pour reprendre un local prêté ?
Pour un prêt à durée indéterminée, comptez un préavis raisonnable, couramment de trois à six mois, avant d’exiger la restitution. Si l’occupant refuse ensuite de partir, l’expulsion judiciaire prend plusieurs semaines à plusieurs mois.
Puis-je demander un loyer réduit sans transformer le prêt en bail ?
Non. Dès qu’un loyer est exigé, le contrat devient un bail et relève de la loi du 6 juillet 1989. Si vous souhaitez une contribution, documentez-vous sur les charges réellement remboursées, à titre accessoire, avant toute exigence.
Le prêt à usage permet-il la procédure anti-squat ?
Non. L’occupant est entré avec votre accord : il n’y a ni violation de domicile ni voie de fait. La reprise passe par la fin du prêt puis, si nécessaire, une expulsion devant le juge.