assurance loyer impayé GLI
Assurance loyer impayé (GLI) : le point complet pour un propriétaire bailleur
Garantie loyers impayés : prix réel, conditions d'éligibilité, carence, délai de déclaration, GLI ou Visale, et rôle de l'assureur dans la procédure d'expulsion.
L'assurance loyer impayé — souvent appelée GLI, pour garantie loyers impayés — est l'un des réflexes les plus discutés chez les propriétaires bailleurs. Certains la présentent comme la protection indispensable, d'autres comme une prime qui ne jouera jamais. La vérité tient aux détails : ce que le contrat couvre, ce qu'il exige du locataire au moment de la souscription, et surtout ce qu'il impose au bailleur quand l'impayé arrive.
Ce guide fait le point, chiffres de marché compris : le prix réel d'une GLI, les critères d'éligibilité des locataires, la carence et le délai de déclaration du sinistre, la différence avec la caution Visale, et le rôle de l'assureur lorsqu'une procédure d'expulsion devient nécessaire.
À retenir
- Une GLI couvre les loyers et charges impayés (typiquement 24 à 36 mois, avec plafond en euros par sinistre), souvent les dégradations et les frais de contentieux.
- Comptez 2,5 % à 5 % du loyer annuel charges comprises en contrat individuel, moins en contrat collectif d'agence ; la prime est déductible du revenu foncier au régime réel.
- Le locataire doit être solvable et le logement sa résidence principale ; la GLI ne se cumule pas avec Visale ni avec une caution, sous peine de nullité de la caution.
- Le point qui casse le plus de dossiers : le délai de déclaration du sinistre, souvent d'un à deux mois seulement, avec déchéance de garantie en cas de retard.
- Une fois le sinistre pris en charge, l'assureur se subroge et pilote la procédure à la place du bailleur ; sans GLI, c'est le bailleur qui porte seul chaque étape.
Ce que couvre une garantie loyers impayés
Le cœur de la garantie est le loyer et les charges impayés. Les contrats du marché indemnisent en général de 24 à 36 mois par sinistre, avec un plafond exprimé en euros — des ordres de grandeur de 70 000 à 120 000 € selon les assureurs. L'indemnisation démarre en principe après environ deux mois d'impayés, avec un versement rétroactif : les loyers manquants sont ensuite versés au rythme du contrat.
Les contrats complets ajoutent deux protections souvent décisives : les dégradations locatives au-delà du dépôt de garantie (plafonds typiques de 7 000 à 10 000 €, vétusté déduite), et la prise en charge des frais de contentieux — huissier, avocat, procédure d'expulsion — dans le cadre d'une protection juridique. La vacance locative entre deux locataires existe aussi, mais en option, avec ses propres plafonds et franchises.
- Loyers et charges impayés : 24 à 36 mois d'indemnisation, plafond de 70 000 à 120 000 € par sinistre selon les contrats.
- Dégradations locatives au-delà du dépôt de garantie, souvent incluses (7 000 à 10 000 € typiques).
- Frais de contentieux et expulsion : pris en charge dans le cadre de la protection juridique.
- Vacance locative : en option, avec plafonds et franchises propres.
Combien coûte une GLI
En contrat individuel, souscrit directement par le bailleur, les fourchettes de marché se situent entre 2,5 % et 5 % du loyer annuel charges comprises. Concrètement, pour un loyer de 800 € par mois, une prime à 3 % représente environ 24 € par mois, soit 288 € par an. En contrat collectif négocié par une agence de gestion, la prime descend souvent entre 1,5 % et 3 % — mais le bailleur n'est pas maître du contrat : l'agence peut y mettre fin, et le bailleur perd alors la garantie sans recours.
Deux points de fiscalité à connaître. La prime est déductible du revenu foncier si vous êtes au régime réel — elle ne l'est pas au micro-foncier. Et les indemnités perçues, qu'il s'agisse d'impayés ou de dégradations, sont imposables dans les mêmes conditions que les revenus qu'elles remplacent.
Un dernier coût, rarement annoncé : des frais de dossier peuvent être facturés au moment du déclenchement du sinistre. Ils figurent aux conditions générales : relisez-les avant de souscrire, pas après le premier impayé.
- Contrat individuel : 2,5 % à 5 % du loyer annuel charges comprises.
- Contrat collectif d'agence : 1,5 % à 3 %, mais sans maîtrise du contrat.
- Prime déductible au régime réel, pas au micro-foncier ; indemnités imposables.
- Frais de dossier possibles au déclenchement : à vérifier au contrat.
Les conditions d'éligibilité : le locataire d'abord
Une GLI ne s'active pas rétroactivement sur n'importe quel locataire : elle se souscrit avant l'entrée dans les lieux, sur un dossier solide. Les critères sont proches de ceux d'une banque : revenus nets d'au moins trois fois le loyer charges comprises, taux d'effort souvent limité à un tiers du revenu, contrat de travail stable — CDI hors période d'essai, fonctionnaire titulaire, retraité. Les CDD, indépendants et étudiants ne sont pas exclus, mais acceptés sous conditions plus strictes : garant solvable, ancienneté d'activité, bilans présentés.
Le logement doit être la résidence principale du locataire : les locations saisonnières et les baux secondaires sont en principe hors champ. Pour un locataire déjà en place, les assureurs exigent en outre l'absence d'impayé sur les six à douze derniers mois.
Surtout, la règle du non-cumul : on ne peut pas cumuler la GLI avec la caution Visale, ni avec une caution personnelle. Une clause de bail qui empile les deux peut être déclarée nulle — la caution peut alors disparaître, et le bailleur perd les deux protections au pire moment. Exception limitée : les locations à des étudiants ou apprentis, où la caution peut se cumuler avec d'autres garanties dans certaines limites.
- Revenus d'au moins trois fois le loyer CC, taux d'effort limité à environ un tiers.
- Stabilité professionnelle exigée ; CDD et indépendants sous conditions renforcées.
- Résidence principale uniquement ; locataire en place sans impayé depuis 6 à 12 mois.
- Non-cumul GLI / Visale / caution personnelle, sous peine de nullité de la caution.
Carence, franchise et délai de déclaration : ce qui casse les dossiers
Trois mécanismes contractuels déterminent si la garantie jouera réellement. Le premier est la carence : certains contrats imposent un délai entre la souscription et la première déclaration possible, de zéro à trois mois selon les assureurs. Souscrire une GLI après le premier impayé ne sert donc à rien — et ne fonctionne pas.
Le deuxième est la franchise : une somme peut rester à votre charge sur les garanties loyers impayés et dégradations, fixée au contrat. Le troisième, le plus redoutable, est le délai de déclaration du sinistre : souvent d'un à deux mois seulement à compter de l'impayé, avec un risque explicite de déchéance de garantie en cas de retard. Un bailleur qui attend trois mois avant de déclarer peut perdre toute indemnisation, même pour un dossier par ailleurs impeccable.
Les exclusions classiques méritent aussi une lecture : dépôt de garantie impayé, frais de relance, loyers au-dessus d'un plafond contractuel, locaux transformés ou situés hors de France métropolitaine. La pièce maîtresse reste la prévention : les assureurs exigent un bail conforme avec clause résolutoire et un état des lieux d'entrée établi de façon contradictoire. Sans ces pièces, la garantie peut être refusée.
- Carence de 0 à 3 mois selon les contrats : la GLI se souscrit avant les difficultés, jamais après.
- Délai de déclaration du sinistre de 1 à 2 mois : le retard fait perdre la garantie.
- Franchise et plafonds de loyer : à lire dans les conditions générales.
- Bail avec clause résolutoire et état des lieux contradictoire exigés par l'assureur.
GLI ou Visale : quelle protection choisir
Visale est la caution gratuite d'Action Logement : elle couvre les loyers impayés d'un locataire éligible pendant les trois premières années du bail, jusqu'à 36 mensualités, plus deux mois de charges pour les dégradations à la sortie. Pour le bailleur, elle ne coûte rien — mais elle ne concerne que les locataires qui remplissent ses critères : jeunes de moins de trente ans, salariés précaires, en mobilité professionnelle.
La GLI couvre l'inverse : n'importe quel locataire qui passe les critères de solvabilité, pendant toute la durée du contrat, avec un coût pour le bailleur. Les deux ne se cumulent pas : pour un même logement, il faut choisir. En pratique, la question se pose au moment de sélectionner le candidat — Visale si le profil y ouvre droit, GLI si vous préférez un contrat dont vous maîtrisez l'étendue, quitte à en payer la prime.
Enfin, pour situer le cadre 2026 : il n'existe pas de dispositif d'État de portage de garantie des loyers impayés en vigueur. Visale reste la seule garantie publique, et les décrets du 12 février 2026 sont venus préciser la définition de l'impayé et le rôle de la CCAPEX dans la prévention des expulsions — utiles à connaître, mais ils ne remplacent ni une caution ni une assurance.
- Visale : gratuite, trois premières années du bail, jusqu'à 36 mensualités, locataires éligibles.
- GLI : tout locataire solvable, coût de 2,5 % à 5 % du loyer annuel, contrat au choix du bailleur.
- Non-cumul : choisir l'une ou l'autre pour un même logement.
- Pas de dispositif d'État de portage de garantie en vigueur en 2026.
Avec une GLI, qui porte la procédure d'expulsion ?
C'est le point le moins compris de la GLI. Dès le premier loyer impayé, la séquence reste la vôtre : relance, puis mise en demeure par lettre recommandée — la plupart des contrats l'exigent avant toute déclaration de sinistre. Ensuite, la déclaration part dans le délai contractuel, avec les pièces : bail conforme, état des lieux, quittances, mise en demeure.
Une fois le sinistre pris en charge, l'assureur se subroge dans vos droits : il est indemnisé, se retourne contre le locataire, et pilote la suite — commandement de payer, assignation, procédure d'expulsion — pour votre compte, dans le cadre de sa protection juridique. En pratique, vous n'avez pas à rémunérer un avocat en sus, mais vous restez titulaire de l'action : le bailleur doit coopérer, fournir les pièces et ne pas mener des démarches contradictoires de son côté. Abandonner la procédure sans accord de l'assureur fait perdre la garantie.
La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, s'applique de la même manière : elle suspend l'expulsion, pas l'indemnisation. Le locataire reste redevable, et l'assureur continue de verser les loyers couverts pendant ce temps.
Sans GLI, tout cela vous revient : relance, mise en demeure, commandement de payer par commissaire de justice, assignation, exécution. Chaque étape a ses délais et ses pièges — c'est précisément le travail d'un cabinet spécialisé, et la raison pour laquelle les guides de ce site existent.
- Relance puis mise en demeure LRAR : préalable exigé par la plupart des contrats avant le sinistre.
- Déclaration dans le délai contractuel, pièces à l'appui.
- Après prise en charge : subrogation, l'assureur pilote la procédure pour votre compte.
- Trêve hivernale : expulsion suspendue, indemnisation poursuivie.
Passer à l’action
Un locataire en impayé, avec ou sans assurance ?
Si vous avez souscrit une GLI, votre assureur pilote la procédure : déclarez le sinistre dans le délai du contrat et transmettez-lui les pièces. Si vous n'en avez pas, c'est vous qui portez l'action — le cabinet peut reprendre le dossier à la mise en demeure et le conduire jusqu'au départ du locataire.
FAQ
Questions fréquentes
Puis-je cumuler une GLI avec une caution ou Visale ?
Non. La garantie loyers impayés ne se cumule pas avec la caution Visale ni avec une caution personnelle : une clause qui les empile peut être déclarée nulle, et la caution disparaît avec elle. Exception limitée aux locations d'étudiants et apprentis, dans certaines conditions.
Combien coûte une assurance loyer impayé ?
En contrat individuel, comptez 2,5 % à 5 % du loyer annuel charges comprises — environ 24 € par mois pour un loyer de 800 €. En contrat collectif négocié par une agence, la prime descend entre 1,5 % et 3 %, mais le bailleur ne maîtrise pas le contrat.
Peut-on souscrire une GLI après le premier impayé ?
Non. Les assureurs exigent un locataire en place sans impayé depuis six à douze mois, et plusieurs contrats imposent une carence de quelques mois après la souscription. Une GLI se souscrit avant l'entrée dans les lieux, sur un dossier de solvabilité complet.
Dans quel délai déclarer un sinistre à son assurance loyer impayé ?
Le délai est court : souvent d'un à deux mois à compter de l'impayé, selon le contrat. Le retard expose à la déchéance de garantie. Envoyez d'abord la mise en demeure, puis déclarez le sinistre avec les pièces exigées : bail, état des lieux, quittances, mise en demeure.
Avec une GLI, faut-il quand même engager la procédure d'expulsion ?
La procédure est menée pour votre compte par l'assureur, qui se subroge après la prise en charge : commandement de payer, assignation, expulsion. Vous devez coopérer et ne pas agir en parallèle sans accord — et la trêve hivernale suspend l'expulsion comme pour tout le monde, sans interrompre l'indemnisation.